Tag: rhum

  • Le Mojito

    Le Mojito

    Le mojito :

    Ingrédients :

    • Rhum blanc
    • Feuilles de menthe fraîches
    • Jus de Lime
    • Sirop de sucre
    • Eau gazeuse

    Le mojito est aujourd’hui une boisson incontournable. C’est un des cocktails les plus consommés dans le monde, et ses origines ne font aucun doute : elles sont Cubaines.

    Le mot « mojito » viendrait d’un mot utilisé par les esclaves afro-américains « mojo » qui signifie le sortilège, la légende.

    Les origines exactes du mojito ne sont pas clairement établies, et plusieurs versions diffèrent. La plus connue remonte au XVIème siècle, lorsqu’un corsaire britannique, Francis Drake, décide de piller Cuba pour y trouver l’or des Aztèques. Malgré l’échec de la mission, un marin de son équipage créa le cocktail « El Drake » en l’honneur de son capitaine.  Le cocktail était alors fait avec de l’aguardiente (rhum non raffiné), et ne comportait pas d’eau gazeuse.

    Une autre version suggère que Le Mojito a été inventé à la même époque par des esclaves dans les champs de canne à sucre.

    Le troisième récit, beaucoup plus récent, laisse à penser que ce sont les américains ayant fui la prohibition qui ont inventé ce cocktail. Il serait alors un dérivé du Mint Julep, en remplaçant le cognac ou le whisky, par du rhum cubain.

    C’est cependant en 1946, que le Mojito se fait réellement une place dans le monde des cocktails, lors de l’ouverture du bar « La Bodeguita del medio », par Angel Martinez à La Havanne. Il propose une version du « El draque » en ajoutant de l’eau gazeuse au rhum. Ce cocktail deviendra très populaire auprès de nombreuses célébrités de l’époque et s’exportera rapidement en Floride et dans le reste des USA. Il arrivera finalement en Europe dans les années 1990 avec l’arrivée de Pernod Ricard sur le marché du rhum.

    C’est lorsque Pernod Ricard signe un accord avec Fidel Castro en 1993 pour exploiter la recette que le Mojito deviendra ultra populaire. Le groupe lance à cette époque la marque Havana Club et cherche alors une recette afin de faire boire plus facilement du rhum à sa clientèle. Les nombreuses campagnes marketing vont alors permettre à Havana Club et au Mojito d’atteindre la place occupée aujourd’hui.

    Le Mojito est aujourd’hui totalement implanté dans la culture populaire. Il est le cocktail le plus bus dans de nombreux pays, et sûrement le plus consommé du monde. Son succès est tel, qu’il est aujourd’hui possible de trouver de nombreux autres produits dérivés du mojito (Soda goût mojito, friandises, desserts…). Sa recette simple et rafraichissante en fait aujourd’hui le drink incontournable de la saison estivale, des vacances et du soleil.

    « Mon mojito à La Bodeguita et mon Daïquiri à La Floridita » Ernest Hemingway

    Texte par Tristan Lecadet

  • Distiller au coeur de Rosemont

    Distiller au coeur de Rosemont

    Il y a quelques mois déjà que j’ai visité cette superbe distillerie située au cœur de Montréal, mais malheureusement avec les rebondissements au Bootlegger et Café Mimosa je n’ai pas trouvé le temps d’écrire sur cette expérience. J’ai eu la chance de visiter deux fois cette distillerie, la première fois, j’y suis allé dans le but de rencontrer Marc-Antoine Raymond qui était à ce moment un ambassadeur de la distillerie. Un bon ami à moi que je connais depuis qu’il se trouvait derrière le bar mythique du ”Lab”. Avec les bars fermés dus à la pandémie, Marki a commencé à embouteiller les spiritueux de Rosemont à la main aux alentours d’octobre 2020 pour ensuite évoluer au poste d’ambassadeur.

    Après nous avoir accueillis, nous avons eu le privilège d’avoir une visite de la distillerie par Lilian Wolfelsberger, le maitre distillateur. Lilian est un vrai spécialiste et passionné de la distillation, il a un grand héritage familial alors qu’il est la 5e génération de distillateur. Lilian avait déjà ouvert une première distillerie à West Brome avant d’ouvrir Rosemont qui est maintenant établie depuis 5 ans au plein cœur de Montréal. Il se décrit comme un passionné de la distillation et pour toutes les matières qui peuvent être fermentées. La sélection impressionnante de plus d’une douzaine de produits qu’il offre démontre très bien son savoir-faire à transformer n’importe quoi en alcool. On parle ici de rhum, gin, “téquila”, pastis, whisky, vodka et bien d’autres.

    Après avoir visité plusieurs autres distilleries, je dois avouer que celle-ci est particulièrement vaste. Ils ont une capacité de production et de stockage impressionnante. En voyant leur roulement, il est encore plus impressionnant de savoir qu’ils sont uniquement 4 à 5 Personnes sur la ligne de production. D’ailleurs, ils ont en ce moment un peu plus de 500 fûts dans leur chai de spiritueux qui attendent d’être embouteillés. L’espace dont ils disposent leur permet aussi de jouer avec les températures auxquelles les barils seront exposés. Entre autres, ils ont une section à l’entrée de la distillerie où ils ont empilé des barils, coincés entre deux murs, afin qu’ils subissent un choc thermique. Ils font affaire avec un tonnelier québécois pour plusieurs de leurs barils qui leur conçoit un baril personnalisé avec 56 toasts différents à l’intérieur. Contrairement au char, le toasting ne carbonise pas entièrement le bois. C’est un procédé un peu plus lent et moins intense qui va éviter le bois de caraméliser ainsi que d’avoir cet aspect brulé. Autrement, ils utilisent des fûts américains neufs ainsi que du chêne français. Si vous voyez des bouteilles de la distillerie Rosemont, c’est un gage de qualité, ils portent une grande attention aux produits et matières utilisées. Lors de notre visite, c’était impressionnant de voir les livraisons massives de fruits frais, des tonnes d’herbes étalées sur des tables et aussi d’apprendre qu’ils n’utilisaient que de l’alcool neutre pour les gins, la vodka et les liqueurs. En effet, tous les rhums, eaux-de-vie et whisky sont distillé, fermenté, vieilli et embouteillé sur place. On a d’ailleurs été témoins de leur arrivée d’ananas frais pour leur sublime rhum Ananas qui sont arrivés en SAQ quelques mois plus tard. Le processus de fermentation prend entre 7 et 11 jours avant de passer à la distillation.

    Si jusque-là j’étais émerveillé, ce n’était rien après avant d’entrer dans la salle de distillation. Ils utilisent un magnifique alambic charentais qui est franchement une sacrée machine à voir. Cet Alambic est typiquement utilisé pour distiller du cognac, il permet de faire une double distillation et de conserver les saveurs des ingrédients de base. Lilian a d’ailleurs mis la main sur cette pièce rare de marque Chalvignac et à le faire importer de la région de cognac et est le premier alambic de ce genre à être importé au Canada. Les spiritueux de Rosemont sont distillés deux fois et à feu nu dans cette impressionnante pièce qui a une structure qui fait 2.5 pouces d’épaisseur en cuivre. Après avoir été refroidi à l’eau, le liquide va se reposer en baril jusqu’à 1 an, tel que leurs rhums. Dans la même salle, il y a un plus petit alambic qui est toujours en opération qui est dans la famille depuis environ 1936. Un héritage de famille qui entoure énormément d’histoire et de vécu. Pour le bonheur des amateurs des produits Rosemont, tous leurs produits sont maintenant réguliers à la SAQ.